15 rue des jetées 61300 L'Aigle

  • LE REGARD BIENVEILLANT
    Association chrétienne évangélique

Enquêtes

 

1) Enquête réalisée par la mairie de Toulouse

Mercredi 10 avril 2019, la mairie de Toulouse a publié une enquête sur le nombre de personnes sans domicile fixe présents dans les rues de la ville.
Cette enquête a été effectuée dans le cadre du « Plan quinquennal pour le logement d’abord », qui avait été lancé par le chef de l’Etat Emmanuel Macron, lors de sa venue à Toulouse en septembre 2017, et réellement mis en application à la rentrée 2018.


Réalisée en partenariat avec le Conseil départemental de Haute-Garonne et différentes associations, cette étude recense pour la première fois le chiffre réel des SDF à Toulouse. 155 bénévoles, dont 75 de la mairie et 80 d’associations toulousaines telles que le Secours catholique, la Croix-Rouge, les Restos du Cœur, la Main Tendue et saint-Vincent de Paul, ont été mis à contribution sur l’ensemble de la ville.


L’étude a été menée par le service municipal du SIAO (Service intégré d’accueil et d’orientation) dans la nuit du vendredi 15 février 2019, entre 21h
et minuit. Ce soir-là, le SIAO a déclaré :

- 1760 personnes en hébergement d’urgence,

- 1505 personnes résidant à l’hôtel (les nuitées sont payées par la préfecture)

- 117 personnes dormant dans des gymnases de la ville mis à disposition des plus fragiles.


Conclusion du SIAO :

Le 15 février 2019 au soir, sur la commune de Toulouse, en comptant également les personnes de la Halte de nuit, le chiffre total de personnes sans domicile fixe s’établit à 4163 (rue, squats, campements, hébergement, hôtel, gymnase…)


L’enquête a permis de savoir qui sont les gens qui dorment dans les rues de Toulouse. Sur les 4163 SDF, 767 sans-abris ont été rencontrés, dont
505 adultes. Parmi eux, 437 ont répondu aux questionnaires des pouvoirs publics. Ainsi, 70% sont des familles.


Sur les 437 adultes sans-abris qui ont répondu

- 66% sont dans la tranche d’âge 25/50 ans,

- 18% ont entre 18 et 24 ans.

- 15% ont plus de 50 ans,

- 52% des personnes ont des ressources financières.

- 52% vit à Toulouse depuis plus d’un an,

- 30% depuis moins de six mois.


La majorité des sans-abris n’appellent jamais le 115

Cette étude a confirmé la saturation des services d’urgences du 115, qui peuvent recevoir jusqu’à 300 appels par jour.

- 78% des adultes, soit 341 personnes, n’appellent jamais le 115, en raison de :

 Absence de réponse,

 Ne veulent tout simplement pas appeler le numéro d’urgence.

- 8500 personnes avaient appelé (une ou plusieurs fois) le 115 à Toulouse en 2015.


15 morts de la rue à Toulouse en 2018

La rue fragilise, mais surtout la rue tue.

En 2018, selon « le collectif Les morts de la rue », 15 personnes sans-domicile fixe sont décédées de la rue à Toulouse. En Occitanie, le bilan s’était établi à 32 morts.



2) Enquête du GSCF (Groupe de Secours Catastrophe Français)

60 % des personnes ne souhaitent pas faire appel à une structure d'accueil. Les motifs évoqués étaient les suivants :

- 35 % : Non prise en charge du compagnon canin,

- 45 % : Peur des foyers : 

 Agressions, violences,

 Vols,

 Manque d’hygiène (risque d'infections parasitaires, odeurs, maladies),

 Problème d'alcool et de drogue,

 Prise en charge trop courte et séparation des couples.

- 5 % : Personne vivant dans son véhicule, caravane ou abri,

- 15 % Raisons diverses.


Des incohérences ont été trouvés dans le refus du 115 de prendre en charge des personnes par manque de place alors que des places étaient disponibles.

Les raisons les plus fréquemment évoquées sont

- 29 % : La personne a « épuisé son quota de nuits »,

- 9 % : La personne est « connue pour des problèmes de comportement » (alcool, etc.),

- 3 % : La personne a un chien,

- 9 % : La personne est en situation irrégulière,

- 14 % : La personne « n’a pas rappelé, ne s’est pas présentée la fois dernière ou a déjà refusé une place une fois »,

- 3 % :  La personne "n’a pas appelé le 115 depuis plus d’un mois", car sans rappel, on ne figure plus sur les listes,

- 3 % : nom inconnu sur les listes du 115.


3) Recensement réalisé dans la capitale lors de la « Nuit de la solidarité » du 15 au 16 février 2018 organisé par la mairie de Paris

21 185 personnes sans domicile étaient soit à la rue soit dans des structures mises en place par les services sociaux

Sur 3000 personnes qui dorment dans la rue

- 46 % sont à la rue depuis plus d’un an,

- 20 % depuis plus de cinq ans,

- 45 % affirment n’avoir jamais fréquenté un centre d’hébergement,

- 65 % n’appellent jamais le 115, le numéro du Samu social pour obtenir une place dans un centre pour les raisons suivantes :

 Difficultés à joindre le 115,

 Se voir répondre qu’il n’y a plus de place,

 Problèmes d’insécurité, de vols ou les horaires contraignants des centres,

- 19 % ne connaissent pas ce numéro.


Les moyens de survie dont disposent les personnes à la rue

- 36 % recourent à la mendicité,

- 34 % perçoivent des allocations ou des minima sociaux,

- 22 % font des « petits boulots »,

- 8 % sont aidés par des proches ou des amis,

- 5 % ont un salaire provenant d’un travail déclaré,

- 3% ont une pension de retraite,

- 7 % ont d’autres types de revenus.


Catégorie des personnes qui vivent à la rue

- 88 % sont des hommes,

- 12 % sont des femmes (les femmes restent moins longtemps à la rue que les hommes),

- 16% ont moins de 25 ans,

- 2 % sont des familles avec enfants (23 familles (11 couples et 12 parents seuls) accompagnées de 35 enfants, soit au total 69 personnes.


Evolution

- Près d’une famille sur deux est à la rue depuis plus d’un an. Le nombre de familles prises en charge par le 115 est passé de 13 % à 65 % entre 1999
et 2012.

- 4 % des jeunes femmes avaient moins de 25 ans en 1900 contre 13 % aujourd’hui,

- En 2012, 143 000 sans-abris pour toute la France (dont 30 000 mineurs), contre 200 000 en 2019 (hommes, femmes et enfants), dont un quart travaille.


Le suivi des personnes à la rue

- 12 % des femmes sont suivies par un travailleur social,

- 28 % des hommes sont suivies par un travailleur social,

- 21 % des femmes disposent d’une couverture maladie,

- 33 % des hommes disposent d’une couverture maladie


Les jeunes

- 56 % des jeunes âgés de moins de 25 ans sont dans la rue depuis moins de trois mois,

- 14 % reçoivent de l’argent de leurs proches,

- 77 % n’ont jamais fait appel au 115,

- 7 % bénéficient de prestations sociales,

- 13 % disposent d’une couverture maladie,

- 34 % disent avoir des problèmes de santé.


66% des sans-abri parisiens ont entre 25 et 54 ans


Qui sont donc ces familles à la rue ?

- Des immigrés primo-arrivants,

- Des Roms expulsés de leurs bidonvilles,

- Des déboutés du droit d’asile qui perdent leur place dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada),

- Des adultes précaires hébergés avec leurs enfants par des tiers (amis, parents…) et dont la cohabitation cesse




4) Pourquoi la France n'arrive-t-elle pas à régler le problème des sans-abris ? (08 janvier 2019).

Pour le sociologue Julien Damon, spécialiste des questions d'exclusion et invité de Wendy Bouchard sur Europe 1, mardi, "la France est très mauvaise"
dans sa gestion des personnes sans-abri.


Le tour de la question 

Il y avait encore des Français à la rue, le 1er janvier 2018. Ce constat relève a priori de l'évidence, mais il s'agit en réalité d'une promesse non-réalisée d'Emmanuel Macron, qui s'était engagé à faire du pays un territoire sans SDF (sans domicile fixe) à la fin de l'année 2017. Et révèle l'incapacité de la France à régler le problème de l'extrême pauvreté, comme l'explique le sociologue Julien Damon, invité du Tour de la question sur Europe 1, mardi.


De l'attention et des moyens, mais pas vraiment de résultats.

"On est très mauvais malgré tout ce que l'on fait", juge l'auteur d'Exclusion : vers zéro SDF ? et spécialiste des questions de pauvreté. "La France est certainement le pays qui dépense le plus pour tenter d'aider les personnes à la rue, qui en est peut-être le plus soucieux, mais qui fait très mal." Aujourd'hui, pas moins de 140.000 personnes seraient à la rue, selon une étude de l'Insee pour l'année 2012. Un chiffre à prendre avec des pincettes, tant la réalité est mal cernée par les services sociaux.


" Malgré nos dépenses publiques, on a une organisation ubuesque et surréaliste avec une offre considérable mais bloquée "

"La France est assez mauvaise", décrit le sociologue auprès de Wendy Bouchard, "non pas en investissement et de développement de nouveaux services pour les sans-abris, mais pour savoir de quoi on parle ! À Bruxelles, Londres ou Madrid, on a des chiffres annuels qui nous disent si oui ou non il y a plus de gens à la rue et dans les centres d'hébergement", ce qui n'existe pas à Paris et pour les grandes métropoles de province.


"Travailleur social traitant". Symbole de cette mauvaise organisation, le fait qu'il y ait "une multitude de travailleurs sociaux" accessibles aux sans-abris, parfois de manière illisible lorsqu'on est à la rue. "Comment on organise mieux cela ? Il y a une proposition qui court : comme sur le modèle du médecin traitant, il devrait y avoir un 'travailleur social traitant', un référent unique. Avoir une personne qui serait responsable de vous, ce serait formidable, pour les gens en difficulté et les travailleurs sociaux."


Le 115 "ne marche pas". Car aujourd'hui, seulement un tiers des SDF seraient suivis par un travailleur social. "Malgré nos dépenses publiques, on a une organisation ubuesque et surréaliste avec une offre considérable mais bloquée, et des demandes très importantes de personnes qui sont les premières cibles de ces dispositifs, mais qui n'y accèdent pas." Le sociologue prend l'exemple du 115, "qui ne marche pas" avec un "engorgement des centres". "Ce n'est pas en réinjectant des millions d'euros que ça marchera", affirme Julien Damon.


Le problème de l'extrême pauvreté continue donc d'exister, avec deux publics particulièrement touchés :

1- Les femmes, qui composent 40% des personnes sans domicile fixe. "Il y a 50, 60 ans, il n'y avait aucune femme à la rue. Le phénomène s'est accentué et féminisé", analyse le sociologue. D'après une opération de comptage inédite en France, menée par 1.700 bénévoles et la mairie de Paris, en février dernier, "il y a 12% de femmes" complètement à la rue, rappelle Julien Damon.


2- Les enfants, "qui n'y peuvent strictement rien", insiste Julien Damon. "Il y a très peu d'enfants qui dorment complètement à la rue. Maintenant, dans le retour de bidonville, les campements de migrants, il y a des enfants qui ont des conditions totalement indignes au regard de notre belle République."


La promesse de Macron, "un excellent objectif". Reste que, selon lui, la promesse formulée par Emmanuel Macron à l'été 2017, visant l'absence de personnes à la rue, est loin d'être dénuée d'intérêt : "C'est un excellent objectif. Ça appelle à regarder chaque année si oui ou non il y a plus de personnes en difficulté dans les grandes métropoles."




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